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Rencontres d'Aix 2021 produire une alimentation durable

Oui, l’agriculture française peut devenir un modèle d’agriculture durable !

Les 2, 3 et 4 juillet dernier se tenait la 21ème édition des Rencontres Economique d’Aix. Des rencontres placées cette année sous le thème « Saisir l’avenir ensemble ». Un écho à la pandémie qui a bousculé notre manière de vivre, de travailler, de consommer et d’échanger. Durant trois jours, économistes, entrepreneurs, capitaines d’industries français et internationaux, personnalités politiques, acteurs de la société civile, think tank, chercheurs et étudiants ont fait naître le débat pour imaginer collectivement les moyens de sortir de la crise et la reconstruction d’une société capable de résister aux troubles. Mieux produire fait partie des impératifs lorsque l’on sait qu’il faudra nourrir près de 10 milliards d’habitants en 2050 soit une augmentation de la production alimentaire de 60%. Produire une alimentation durable est plus que jamais un enjeu clé pour demain. Oui, mais comment ?
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La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent

Brillat-Savarin expliquait « la destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent ». Un précepte de notre histoire politique et culinaire qui sonne aujourd’hui comme un avertissement dans un monde où plus de 3 milliards de personnes souffrent de malnutrition par excès, manque ou mauvaise alimentation. Les Nations-Unies estiment qu’une mauvaise alimentation – au seul niveau des Etats-Unis – induirait un coût sanitaire de près de 1 300 milliards de dollars à l’horizon 2030. Alors, pour assurer notre destinée, nous devons nous pencher sur nos assiettes pour une alimentation plus durable et favorable à la santé.

Bénédicte Alaniou, Journaliste et chef de service économie au Parisien, Patricia Barbizet, membre du Cercle des Economistes, Thierry Blandinières, Directeur Général d’InVivo, Caroline Le Poultier, Directrice Générale du Cniel, Clarisse Magnin-Mallez, Directrice Associée Senior chez McKinsey & Company, Jean-Philippe Puig, Directeur Général Groupe Avril, Dominique Schelcher, Directeur Général Système U et Gunhild Stordalen, Présidente et fondatrice de la Fondation EAT. Tous étaient réunis sur la table-ronde « Produire une alimentation durable » afin de partager leur vision et proposer des leviers pour une agriculture française durable qui répond à cet engagement nécessaire pour nourrir le monde de demain.
La révolution agricole est en marche ! Pour Gunhild Stordalen, la difficulté réside aujourd’hui dans la mobilisation rapide et réactive de la communauté internationale pour conduire ces transitions et sécuriser le droit à la bonne santé pour tous : encourager une production positive naturelle où la production travaille en adéquation avec la nature et ses ressources, varier et végétaliser notre alimentation et éliminer le gaspillage alimentaire pour une économie circulaire de l’alimentation. Trois pistes prioritaires pour la Fondation EAT qui souhaitent voir s’engager ensemble pouvoirs publics, grands groupes agroalimentaires et consommateurs pour atteindre les objectifs de développement durable.

Innover pour une révolution agricole durable


A la question, la France peut-elle devenir leader de cette révolution agricole durable ? La réponse est oui ! La France dispose d’actifs inégalés, de terroirs, de savoir-faire, d’une recherche à la pointe et d’une French Tech particulièrement créative qui se place au service de l’agriculture française. Pour réussir, notre agriculture pourra compter sur deux leviers : l’innovation et la modification des habitudes de consommation.


L’innovation d’abord, puisque 78% de la réduction de nos émissions agricoles viennent de l’adoption de nouvelles pratiques agricoles et plus d’un tiers de ces technologies sont déjà matures et délivrent des résultats. La consommation ensuite, puisque « près de 22% des Français sont prêts à changer de marque si la marque proposée est plus durable » souligne Clarisse Magnin-Mallez du Cabinet McKinsey & Company. Mais se pose alors la question du prix : « Quel prix êtes-vous prêt à mettre pour une alimentation durable demain ? » interroge Dominique Schelcher, Président de Système U, « Le monde agricole provoque aujourd’hui un débat national, comme celui de la souveraineté alimentaire. Ce secteur sait combien il est nécessaire de trouver des solutions collectives, entre acteurs économiques, au sein des filières mais aussi entre filières. De nouvelles solutions sont apparues ces dernières années comme le contrat tripartite qui modifie la relation entre acteurs économiques que l’on imaginait à peine il y a dix ans. » Tous les secteurs se sont mobilisés pour recherche de nouveaux leviers afin de permettre la durabilité de nos modèles de production alimentaire.


Produire une alimentation durable, créatrice de valeurs


Pour la filière laitière, qui représente les producteurs de lait, les industriels privés et coopératives, les acteurs du commerce, de la restauration collective et de la distribution, la thématique « saisir l’avenir ensemble » résonne dans les valeurs et les motivations que portent l’interprofession depuis 50 ans. En mettant en place la démarche collective de responsabilité sociétale France Terre de Lait, la filière laitière apporte des réponses au consommateur et au citoyen, valorise les progrès réalisés par les acteurs de la filière et prend de nouveaux engagements pour demain. « La question aujourd’hui est de savoir comment je m’engage à faire mieux pour produire une alimentation toujours plus durable mais aussi créatrice de valeurs pour tous les maillons ? » insiste Caroline Le Poultier, Directrice Générale du Cniel. Aussi, la pandémie de la covid-19 a démontré que l’engagement de produire une alimentation durable était une nécessité en toute circonstance. En plein pic de collecte printanière, et pour s’adapter à l’évolution de la demande dans un contexte difficile, le Cniel s’est mobilisé collectivement afin d’indemniser à hauteur de 16 millions d’euros les éleveurs qui acceptaient volontairement de réduire leur production du mois d’avril.


La démographie et le réchauffement climatique sont des enjeux planétaires qui nous forcent à agir dès à présent pour une alimentation durable capable de à la fois de produire plus, produire localement, produire mieux et d’être innovant. Mais la durabilité c’est aussi trouver des modèles économiques qui puissent assurer une juste répartition de la valeur du producteur jusqu’au consommateur tout en accélérant la transition agricole, alimentaire et environnementale. Il est donc plus que nécessaire désormais de créer de la valeur économique dès lors que l’on crée de la valeur environnementale.

« La question aujourd’hui est de savoir comment je m’engage à faire mieux pour produire une alimentation toujours plus durable mais aussi créatrice de valeurs pour tous les maillons ? »
Caroline Le Poultier, Directrice Générale du CnielLinkedin
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Table Ronde – Produire une alimentation durable – Caroline Le Poultier – CNIEL – #REAix2021

Date de publication: 19/07/2021

Date de modification: 18/10/2021

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