logo de CNIEL

Le renouvellement des générations, un enjeu prioritaire pour construire une France Terre de Lait durable

Pour la Journée Mondiale du Lait, le 1er juin, la filière a mis à l’honneur celles et ceux qui font le lait à l’occasion d’une e-conférence sur l’attractivité des métiers. Des métiers par nature au contact du vivant qu’il s’agisse d’éleveurs, coopératives, industriels, fromagers, distributeurs… et qui participent à faire de la France, une Terre de Lait durable. Retour sur ces échanges.

TAGS:
PARTAGER
Un enjeu particulier pour la filière laitière :

Comme pour beaucoup de secteurs agricoles, l’enjeu pour la filière laitière dans les prochaines décennies est celui du renouvellement des générations. Si le constat est partagé par toutes les filières, le cas de la filière laitière semble plus urgent : 1 départ à la retraite dans les fermes laitières sur 2 n’est pas remplacé15% des offres en CDI des métiers des laiteries, fromagerie et commerce ne sont pas pourvues et il faut compter en moyenne plus d’un an pour trouver le candidat. La pyramide des âges et fortement déséquilibrée notamment au niveau de l’amont puisque 50% des éleveurs ont aujourd’hui plus de 50 ans.

La passion, au cœur des métiers de la filière :

Pourtant, les témoignages de cette matinée (jeunes éleveuses, futurs installés, professeure de lycée agricole ou d’Enil, directeur de laiterie, alternant crémier-fromager ou encore jeune reconvertie) ont montré que les métiers du lait sont des métiers de passion dont les valeurs attirent et donnent du sens aux jeunes générations voire sont sources de reconversions. Là est la richesse des 100 métiers du lait : « crémier-fromager est un métier où l’on partage du plaisir et un savoir-faire. » a confié Marie-Alix Delmotte. Mais au-delà de la passion, il est important de lever les freins que peuvent constituer la rémunération et les conditions de travail du secteur laitier. Car « la passion, si elle est le moteur de l’attractivité du métier d’éleveur », ne suffit pas seule à la renforcer », a indiqué Thierry Roquefeuil, président du Cniel.

Des leviers pour une meilleure attractivité des métiers du lait :

Aussi, cette matinée a été l’occasion de soulever des pistes de réflexion et d’action pour rendre les métiers du lait plus attractifs.
Premier levier : une meilleure rémunération des éleveurs, axe majeur de la démarche France Terre de Lait. Comme l’a dit Thierry Roquefeuil, « La création, structuration et meilleure répartition de la valeur ajoutée doit se faire collectivement, de l’amont à l’aval. Un chantier ouvert par la loi EGalim et le plan de filière laitière mais qui n’est pas terminé. » Créer de la valeur collectivement constitue ainsi la première étape pour maintenir le modèle laitier français, un modèle principalement familial qui produit 24 milliards de litres de lait par an sur l’ensemble du territoire national.



Second levier : accompagner l’installation des nouveaux arrivants et les transitions à venir. Les enjeux sont nombreux dont notamment l’agroécologie, la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Des sujets déjà pris en compte par la démarche France Terre de Lait mais qui sont amenés à évolués et qui nécessitent des investissements. Or ces derniers dépendent d’un revenu stable.



Troisième levier : promouvoir les métiers du lait, de l’amont à l’aval, qui pour certains restent méconnus du grand public. Une mission dans laquelle le CNIEL est très investie avec notamment le Challenge France Terre de Lait réalisé auprès de l’enseignement agricole ou encore la création du CAP crémier fromager en 2018. Les métiers de la filière ont pour facteur commun d’être des métiers au contact du vivant, qui apportent du sens, qui demandent rigueur et précision et qui sont en adéquation avec les valeurs portées par la société : bien-être animal, environnement… Des métiers clés qui sont une part du tissu économique national et qui offrent « la chance de participer à la vie économique de son territoire. » comme l’a confié Marie-Alix Delmotte, crémière-fromagère.

Un environnement en perpétuelle évolution :

Aussi les trois leviers cités apparaissent comme co-dépendants. L’attractivité des métiers et l’avenir de la filière impliquent la prise en compte de ces facteurs de manière concomitante. D’autant plus que les modèles agricoles, laitiers notamment, sont en perpétuelle évolution comme en témoigne François Purseigle, sociologue des mondes agricoles : « Le visage des exploitations laitières va nécessairement se transformer, avec des structures plus diversifiées et organisées de manière plus complexe, car davantage basées sur le collectif. La gestion de la main-d’œuvre, en termes de ressource comme d’organisation, sera déterminante. » Ainsi, il ne faut pas oublier que la plus-value des métiers du lait réside en cela qu’ils font sens. Encore faut il permettre aux nouvelles générations de celles et ceux qui font le lait, de trouver ce sens, de trouver leur place, en sortant parfois des pas de leurs anciens, et de s’investir pleinement dans le devenir de la filière laitière.
YouTube est désactivé. Acceptez les cookies pour afficher la vidéo.

Replay e-conference « Des métiers au contact du vivant »  – 1er juin 2021 – France Terre de Lait


Date de publication: 08/06/2021

Date de modification: 14/06/2021

Découvrir aussi