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Podcast #6 : « Il n’y a qu’un seul bien-être, celui de l’éleveur et celui de l’animal, et l’un ne va pas sans l’autre. »

Pour son 6e épisode, le podcast France Terre de Lait donne la parole à Luc, éleveur laitier dans les Hauts-de-France. L’occasion pour cet amateur de technologie de revenir, avec la journaliste Déborah Pham qu’il accueille sur sa ferme familiale à Valenciennes, sur la manière dont l’innovation peut avoir un réel impact sur le bien-être de l’éleveur et de ses animaux – car « l’un ne va pas sans l’autre ». 
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Prendre soin des animaux fait partie intégrante du métier d’éleveur laitier, rappelle Luc qui a repris avec son frère la ferme créée par ses grands-parents et travaille aujourd’hui avec son neveu, ainsi qu’un salarié. « Si nous voulons en vivre, il faut que nos vaches produisent, et pour cela, il leur faut de bonnes conditions de couchage, d’alimentation, de pâturage…»

Cette quatrième génération d’éleveurs a choisi un modèle plus compétitif que ses aïeuls – parce que le monde a besoin de lait et que les Hauts-de-France le permettent, étant une région de plaine avec un climat favorable. « Dans un élevage, il faut toujours ramener à l’unité de main d’œuvre : il peut y avoir 500 vaches, mais si 10 personnes s’en occupent, cela ne fait jamais que 50 vaches par tête. Pour notre part, nous avons fixé la limite à 60 chacun pour être rémunérés comme il faut. »

Dans un contexte de crise de l’attractivité du métier d’éleveur laitier, réduire la pénibilité du travail est cruciale. Ainsi, l’exploitation familiale s’est dotée de 3 robots de traite, où les vaches vont et viennent en toute autonomie, entre deux sorties en prairie pour les plus avancée en lactation. « Incroyable ! » fut la réaction du père de Luc devant le « ballet » des vaches quand ses fils, en 2009, acquirent leur première machine. Depuis, des robots racleurs sont venus en renfort pour nettoyer les sols et protéger les animaux des infections, tout en les invitant à s’alimenter régulièrement.

Grâce au gain de temps obtenu, les éleveurs peuvent se consacrer au suivi du troupeau, chaque vache ayant troqué sa cloche contre un capteur qui leur fournit de précieuses données. « Les indicateurs nous permettent de connaître les différences de production d’un jour à l’autre, si la bête se déplace difficilement en cas de boiterie par exemple ; nous pouvons donc intervenir au plus vite quand une vache a besoin d’être soignée. » Matelas pour le couchage, brosses à disposition, rideaux automatiques pour améliorer la ventilation des bâtiments… Tout est pensé sur la ferme pour que bien-être de l’éleveur et bien-être de l’animal soient indissociables.

« Il n’y a qu’un seul bien-être, l’un ne va pas sans l’autre » : tel est le message que Luc s’efforce de faire passer auprès des ONG avec lesquelles il a désormais l’habitude de dialoguer. « On ne tombe pas toujours d’accord mais au moins on discute, et ça c’est primordial. »
Journaliste passionnée de cuisine et de voyages, Déborah Pham est la co-fondatrice du magazine Mint et du restaurant parisien Maison Maison. Quand elle n’est pas en vadrouille, elle aime s’attabler dans ses restos préférés pour des repas interminables arrosés de vins natures. Déborah travaille actuellement sur différents projets éditoriaux et projette de consacrer ses vieux jours à la confection de fromage de chèvre à la montagne.

Date de publication: 29/06/2022

Date de modification: 29/06/2022

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